Comprendre l’intentionnalité : un concept central mais ambigu
Dans le champ de l’investissement à impact social, la notion d’intentionnalité occupe une place singulière. Souvent invoquée, rarement interrogée avec rigueur, elle constitue pourtant un critère déterminant dans la sélection des projets censés générer un bénéfice social ou environnemental mesurable.
Pour poser le cadre, rappelons la définition classique : l’intentionnalité désigne la volonté explicite d’atteindre un impact social positif, inscrite dans la stratégie d’investissement, la gouvernance, voire la documentation contractuelle des projets. Cette approche contraste radicalement avec les stratégies d’investissement purement financières, où l’effet social, s’il existe, est accidentel ou périphérique.
Les grands cadres de référence mondiaux – qu’il s’agisse des Principes d’Investissement à Impact de la GIIN (Global Impact Investing Network) ou du référentiel IRIS+ – mettent en avant l’intentionnalité comme premier pilier de la définition de l’investissement à impact. Cela semble aller de soi : affirmer qu’on souhaite contribuer de façon proactive à la résolution d’un enjeu social ou environnemental semble une condition minimale à toute sélection cohérente de projets.
Mais que recouvre réellement l’intentionnalité ? Comment l’établir ? Suffit-elle à garantir, seule, l’authenticité et l’efficacité des investissements à impact ? Ce sont ces questions, trop souvent éludées, que nous proposons d’éclairer ici.