Comprendre l’intentionnalité : un enjeu méthodologique et politique central
L’essor de l’investissement à impact social s'accompagne d'une inflation de termes, de standards et de bonnes intentions affichées. Pourtant, dans la littérature comme dans la pratique, la notion d’intentionnalité s’impose comme l’un des concepts les plus discutés, les plus polysémiques, et les plus structurants. Elle constitue, selon le GIIN (Global Impact Investing Network), la première pierre du triptyque définissant l’investissement à impact, aux côtés de la mesurabilité et de l’additionnalité (GIIN, “What You Need to Know about Impact Investing”).
Mais de quoi parle-t-on précisément ? L’intentionnalité renvoie à la volonté explicite de produire des effets sociaux ou environnementaux positifs, par la mobilisation du capital, au-delà de la seule recherche de rendement financier. Or, derrière ce principe fédérateur, se cachent des nuances cruciales :
- L’intentionnalité questionne la sincérité et l’ambition des stratégies d’investissement.
- Elle est la ligne de crête entre le simple « impact-washing » (pratique superficielle d’affichage) et la recherche authentique d’utilité sociale.
- Elle inscrit l’acteur financier dans une dynamique d’alignement stratégique, organisationnel et individuel.
Clarifier ce concept nous paraît essentiel, tant il conditionne la capacité du secteur à s’autoréguler, à être lisible, et à produire les effets transformateurs attendus.