Pourquoi l’intentionnalité est-elle indispensable ?
L’intentionnalité constitue un garde-fou conceptuel mais aussi un outil opérationnel essentiel pour l’investisseur à impact.
Elle fonde la “théorie du changement” de l’investisseur
Tout investissement à impact présuppose une “théorie du changement” : un modèle explicite reliant les moyens apportés (capital, accompagnement, réseaux…) aux effets sociaux ou environnementaux attendus. L’intentionnalité permet d’ancrer la démarche dans une logique causale, en balisant chaque étape :
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Quelles populations sont ciblées ?
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Quel problème souhaite-t-on résoudre ?
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Quels leviers d’intervention sont mobilisés ?
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Quelles sont les hypothèses et les risques d’échec ?
L’absence d’intentionnalité rend cet enchaînement impossible, et favorise le risque de “mission drift” : l’allocation du capital vers des projets sans cohérence ni finalité sociale précise.
Elle permet de structurer l’offre, la sélection et l’accompagnement des projets
L’investissement à impact implique une sélection rigoureuse des projets, fondée non seulement sur des critères financiers, mais sur des indicateurs ex ante d’utilité sociale. Sans intentionnalité, il s’avère impossible d’opérer ce tri et d’offrir aux porteurs de projets l’accompagnement adéquat (governance, ingénierie, métriques), attendu de la part des investisseurs à impact.
Plus encore, les méthodologies d’évaluation (par exemple la méthode SROI – Social Return on Investment, ou l’Impact Management Project) exigent la définition préalable d’objectifs d’impact, indissociable de l’intentionnalité.
Elle distingue l’impact subi ou fortuit de l’impact généré
Certaines activités économiques génèrent des effets sociaux positifs sans pour autant avoir été conçues dans ce but (un transport public réduit indirectement les émissions de CO₂, un supermarché crée des emplois locaux…). Mais ces externalités, bien que réelles, n’impliquent pas d’intentionnalité au niveau de l’investisseur ou de l’entreprise.
Faire de l’intentionnalité un critère structurant permet donc d’éviter le “impact-washing”, forme de greenwashing appliqué à l’impact social, dans laquelle le financier s’approprie a posteriori des améliorations auxquelles il n’a pas consciemment contribué.