Perspectives et chantiers prioritaires : pour un impact social réellement transformateur
Le secteur de l’emploi et de l’inclusion professionnelle se situe à la croisée des chemins. L’afflux de capitaux — publics comme privés — offre des opportunités majeures. Cependant, nous observons que la réelle transformation ne pourra résulter que d’un triple sursaut :
- Montée en puissance de l’évaluation indépendante : généraliser des dispositifs de contrôle externe, mutualiser les outils entre opérateurs, et accepter l’imperfection de la mesure, tout en visant le progrès continu.
- Co-construction des dispositifs : intégration effective des bénéficiaires dans la définition des cibles d’impact — il s’agit de prévenir les stratégies de conformité pure, qui reproduisent les logiques administratives classiques.
- Différenciation fine des objectifs : sortir d’une approche uniquement quantitative, accepter la complexité des parcours, croiser les données sociales et économiques pour une lecture plus juste des effets recherchés.
Dans ce domaine exigeant, la tentation est grande de céder au court-termisme ou à l’affichage. Il existe pourtant une voie ambitieuse : celle d’un capital patient, exigeant sur la création de valeur sociale réelle, humble sur ses limites, mais déterminé à faire de l’inclusion professionnelle un levier concret de transformation collective.
Pour aller plus loin, la mutualisation des retours d’expérience et le développement d’une culture partagée de l’évaluation demeurent, selon nous, des conditions essentielles pour que l’investissement à impact social dans l’emploi prenne toute son ampleur.
Sources citées : OCDE (2023), Social Impact Investment ; Délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (2022) ; Fondation Caritas France (2022) ; Inco (2023) ; Fonda (2022).