Introduction : le brouillard entre ambition et résultats dans l’investissement à impact social
L’investissement à impact social s’est imposé comme un horizon prometteur pour une finance orientée vers le bien commun. Collectivités, fondations, fonds spécialisés, institutions financières : tous affirment désormais vouloir conjuguer rendement et contribution sociétale. Pourtant, derrière cette omniprésence discursive, une difficulté persiste : celle de distinguer clairement ce qui relève de la seule intention – souvent louable mais insuffisante – et ce qui peut être mesuré, démontré, attribué à un effet réel et durable.
La littérature spécialisée (OCDE, GIIN, Impact Management Project) converge sur un point : la confusion entre volonté d’impact et obtention d’un changement social concret est, à ce jour, l’un des principaux angles morts du secteur.
Autrement dit, trop d’acteurs affichent une intention d’impact sans disposer des garde-fous méthodologiques essentiels pour se prémunir contre l’écart – parfois abyssal – entre aspiration et réalité.