Typologie des portefeuilles ISR sans intention sociale directe
Trois grandes familles de portefeuilles dominent le marché de l’ISR “classique”, où l’intention d’impact social réel est, au mieux, périphérique. Nous les détaillons ci-dessous.
1. Portefeuilles fondés sur l’exclusion sectorielle simple
La méthode la plus répandue historiquement consiste à exclure de l’univers d’investissement des secteurs jugés négatifs (armement, tabac, jeux, énergies fossiles…) sur la base de principes moraux ou de gestion des risques ESG. Aucun objectif d’impact social additionnel n’est ici recherché : il s’agit plutôt d’une logique de “non-nuisance”.
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Exemple : Les fonds ISR “exclusion pure” tels que le BNP Paribas Fonds ISR Actions Europe, qui retirent de leur univers d’investissement les entreprises impliquées dans la fabrication d’armes controversées ou dans la production de tabac, conformément aux grilles internes ou à des référentiels externes.
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Caractéristique clé : La performance extra-financière du portefeuille se limite à l’évitement des secteurs problématiques, sans recherche positive d’impact mesurable.
2. Approche de “best-in-class” ESG
La sélection “best-in-class”, largement répandue en Europe, consiste à retenir les entreprises ayant les meilleures notations ESG dans chaque secteur, parfois par décile, sans exclure aucun domaine d’activité (hormis les exclusions légales).
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Exemple : Les fonds suivant les indices MSCI Europe SRI ou FTSE4Good, qui privilégient dans chaque secteur les émetteurs affichant la meilleure gestion des risques et opportunités ESG, tels que Amundi Actions Euro ISR ou Lyxor MSCI World ESG Leaders ETF.
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Caractéristique clé : Objectif affiché d’incitation au progrès ESG sectoriel, mais sans engagement d’impact social en termes de résultats avérés ou mesurés pour les bénéficiaires finaux.
3. Stratégies d’intégration ESG généralisée
De plus en plus, l’ISR s’insère dans des portefeuilles traditionnels utilisant l’intégration systématique de critères ESG dans leur processus d’analyse et de sélection, sans néanmoins s’accompagner d’une stratégie d’impact. L’approche consiste ici à intégrer les données ESG pour améliorer le profil risque-rendement, souvent au service de la performance financière pure.
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Exemple : Les portefeuilles “ESG integration” distribués par des sociétés comme BlackRock, AXA IM ou Robeco, où chaque valeur est passée au crible ESG mais où la recherche d’impact n’est ni explicite, ni volontairement structurée.
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Caractéristique clé : L’ESG est traité comme source d’information supplémentaire pour la gestion, non comme élément de transformation sociale.