La question de la mesurabilité : enjeux, méthodes et limites
Une difficulté majeure réside dans la mesure et la démonstration de l’impact. Contrairement aux performances financières, l’impact social se prête moins aisément à la standardisation. Les méthodes varient selon les secteurs (santé, logement, emploi…), les bénéficiaires finaux, mais aussi les temporalités d’effets.
Aujourd’hui, plusieurs outils coexistent :
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Indicateurs quantitatifs : nombre de personnes accompagnées, logements construits, emplois créés, etc.
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Indicateurs qualitatifs : amélioration du bien-être, renforcement des capacités, inclusion sociale, etc.
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Méthodes mixtes : Social Return on Investment (SROI), évaluations d’impact randomisées, études de suivi longitudinal.
Toutefois, la tentation du greenwashing social demeure vive : trop de rapports se contentent d’indicateurs de moyens (montant investi, nombre de structures financées), sans réelle évaluation des effets en bout de chaîne. Les publications scientifiques (par exemple, Impact Investing: A Review, 2019, Journal of Corporate Finance) invitent donc à une prudence méthodologique et à privilégier la mise en place de chaînes d'effets logiques, ancrées dans les preuves.