La SFDR et la Taxonomie : une structuration progressive et prudente de l’impact social
Adoptée en 2019, la SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation) est sans doute le texte européen ayant le plus transformé la pratique de la finance dite responsable. Il vise à renforcer la transparence des produits financiers quant à leurs effets environnementaux et sociaux (Règlement UE 2019/2088).
Toutefois, initialement centrée sur la durabilité environnementale, la SFDR a intégré la dimension sociale de façon relativement secondaire et progressive. Elle distingue trois catégories de produits d’investissement (Articles 6, 8, 9), dont seuls les deux derniers sont véritablement susceptibles d’intégrer la notion d’impact social :
- Article 6 : Produits sans objectif directe de durabilité, mais qui doivent expliciter la prise en compte des risques de durabilité.
- Article 8 : Produits promouvant des caractéristiques sociales ou environnementales (Souvent assimilés à l’ESG : Environnement, Social, Gouvernance).
- Article 9 : Produits poursuivant un objectif d’investissement durable, potentiellement à impact social direct. Cependant, l’exigence de « durabilité » y est définie de manière large, laissant une marge d’appréciation importante.
La Taxonomie européenne (Règlement UE 2020/852) complète ce dispositif. Initialement centrée sur la transition écologique, elle s’est ouverte à certains critères sociaux depuis l'adoption d’un « social taxonomy report » publié en février 2022 par le Platform on Sustainable Finance. Ce rapport propose une classification des activités économiques contribuant significativement à des objectifs sociaux, tels que l’accès à l’emploi, la formation, ou la santé. Cependant, à la différence de la taxonomie environnementale, cette branche sociale reste consultative et n’a pas encore de force réglementaire.
Points forts et limites du dispositif SFDR/Taxonomie
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Points forts :
- Introduction d’obligations de transparence : forces les investisseurs et produits financiers à préciser leurs objectifs sociaux, à défaut de standardiser la définition d’impact.
- Dynamique d’alignement international, la SFDR servant de référence à d’autres régulateurs hors-UE.
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Limites :
- Absence de définition harmonisée de l’impact social : ce sont principalement des incitations à la clarté et non des cadres de mesure contraignants.
- Le « S » de l’ESG reste moins documenté, structuré et normé que la dimension environnementale.
- Risques d’impact-washing persistants : absence de critères clairs encourageant l’innovation mais aussi l’opportunisme marketing.