Définir clairement les deux approches : ESG et investissement à impact social
ESG : notation extra-financière et gestion des risques
L’approche ESG repose sur la prise en compte de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance dans la sélection et la gestion des actifs. Sa logique fondamentale n’est pas d’abord orientée vers la création d’impact social mesurable, mais vers une évaluation et une réduction des risques extra-financiers susceptibles d’affecter la performance d’un portefeuille. Concrètement, les critères ESG servent à :
- Minimiser l’exposition aux controverses (environnementales, sociales, de gouvernance) ;
- Améliorer la résilience à long terme des actifs ;
- Répondre à des exigences réglementaires croissantes (ex : SFDR, Taxonomie de l’UE).
Selon la Global Sustainable Investment Alliance (GSIA), plus de 35 000 milliards de dollars d’actifs seraient gérés selon des principes ESG à l’échelle mondiale (GSIA, 2022), preuve de l’ancrage du concept.
Investissement à impact social : intentionnalité, additionnalité, mesurabilité
L’investissement à impact social va plus loin : il vise explicitement à générer des effets sociaux ou environnementaux positifs, intentionnels et mesurables, en plus du rendement financier. Trois critères fondamentaux en constituent la grille d’analyse (selon le Global Impact Investing Network – GIIN) :
- Intentionnalité : la volonté délibérée de contribuer à une solution à un problème social ou environnemental ;
- Additionnalité : l’action de l’investisseur permet à l’impact d’exister, ou d’être amplifié, là où il ne se produirait pas sans ce capital ;
- Mesurabilité : l’impact est suivi et évalué selon des indicateurs précis et ex-ante, avec une documentation rigoureuse des résultats.
Ici, la finalité de l’investissement bascule : il ne s’agit plus seulement d’atténuer des externalités négatives ou d’éviter les risques, mais de produire une transformation sociale ou environnementale vérifiable et attribuable à l’investissement réalisé.