Rapport au risque et temporalité : deux cultures de l’évaluation
La question du risque, régulièrement évoquée dans le débat public-privé, structure l’allocation capitalistique dans l’impact social. Les acteurs publics acceptent, de par leur mandat, de financer des projets plus risqués ou structurellement non rentables, en raison de leur utilité sociale. Ils privilégient dès lors des horizons longs, voire intergénérationnels — par exemple dans la lutte contre la pauvreté ou la rénovation urbaine.
Les investisseurs privés, même engagés dans l’impact social, se montrent en général plus attentifs au « risk-adjusted return », c’est-à-dire la performance rapportée au niveau de risque encouru. Ils recherchent des modèles dont l’impact social est intégré dans l’équation économique, et préfèrent des temporalités compatibles avec des cycles de désinvestissement clairs (exits), notamment via la revente de parts ou le remboursement de dettes à impact.
- Horizon d’investissement public : 5 à 20 ans, parfois sans limite de temps.
- Horizon privé : majoritairement 4 à 7 ans, voire 10 ans pour les fonds « patient capital » européens (ex : fonds European Venture Philanthropy Association).
À noter que certains dispositifs, comme les Social Impact Bonds, reposent précisément sur une hybridation du rapport au risque, en associant prise d’initiative privée et sécurisation partielle par des acteurs publics.