Origines, promesses et limites intrinsèques des critères ESG
Les critères ESG émergent dans les années 2000 comme une réponse à la nécessité d’encadrer la responsabilité des entreprises face aux défis globaux (réchauffement climatique, inégalités, gouvernance déficiente). Pour autant, la démarche ESG s’inscrit avant tout dans la logique du “do no harm” (ne pas nuire). L’objectif initial : limiter les externalités négatives, réduire les risques réputationnels et favoriser une meilleure gestion opérationnelle.
Cette approche, largement reprise par les gestionnaires d’actifs européens sous l’impulsion de textes comme la réglementation SFDR (Sustainable Finance Disclosure Regulation), s’appuie sur l’analyse systématique d’indicateurs couvrant trois grands piliers :
- Environnement : gestion de l’énergie, émissions CO2, usage des ressources naturelles
- Social : qualité du dialogue social, politique de diversité, santé et sécurité au travail
- Gouvernance : indépendance et composition des conseils, transparence fiscale, lutte contre la corruption
Loin d’être homogène, la méthodologie ESG souffre d’une diversité d’interprétations et d’un manque d’uniformité dans la collecte et l’analyse des données, ce que souligne la Commission européenne dans son rapport 2022 sur la taxonomie verte.
Surtout, l’intégration ESG vise davantage la gestion des risques (du point de vue des investisseurs) que la création délibérée d’effets sociaux tangibles (cf. FSB 2022).