Définitions : deux concepts, deux ambitions
ISR : une démarche d’exclusion et de sélection
L’Investissement Socialement Responsable (ISR) désigne une politique d’investissement intégrant les critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) aux choix de portefeuille, en complément des critères purement financiers. Concrètement, cela se traduit principalement par deux mécanismes :
- Une sélection : privilégier les entreprises, actifs ou projets qui répondent à certains standards ESG (par exemple, faible intensité carbone, équité salariale, transparence de la gouvernance, etc.)
- Une exclusion : écarter systématiquement certains secteurs ou pratiques jugés non responsables (armement, tabac, énergies fossiles, travail des enfants, etc.)
L’objectif principal : aligner le portefeuille avec les valeurs de l’investisseur, tout en continuant à rechercher un couple rendement/risque compétitif. L’ISR opère donc au sein des marchés financiers traditionnels, en raffinant la sélection au regard d’exigences éthiques et environnementales supplémentaires.
On notera que, selon Novethic (2023), l’encours de l’ISR français dépassait 773 milliards d’euros fin 2022, ce qui montre son poids croissant dans la gestion collective (Novethic).
Investissement à impact social : une création d’impact intentionnelle et mesurable
L’investissement à impact social, tel que défini par la Global Impact Investing Network (GIIN), consiste à investir avec l’intention explicite de générer un impact social ou environnemental positif, en plus d’un rendement financier potentiellement modéré. Il ne s’agit plus simplement d’éviter les nuisances, mais de chercher activement à résoudre un ou plusieurs problèmes sociaux : insertion professionnelle de publics fragiles, accès au logement social, développement de l’éducation, transition agricole, etc.
Trois caractéristiques sont essentielles pour définir l’investissement à impact social :
- Intentionnalité de l’impact : la volonté de générer des effets sociaux (ou environnementaux) positifs est préalable et structurante dans le processus d’investissement.
- Mesurabilité de l’impact : au contraire de l’ISR, ici les effets sociaux sont a priori définis, puis mesurés, suivis et reportés, selon des indicateurs précis.
- Supplémentarité : l'investisseur apporte un financement indispensable à la réalisation des impacts attendus.
L’investissement à impact représente encore moins de 2% des encours de gestion française (source : France Invest 2023), ce qui ne traduit pas uniquement un déficit d’offre mais aussi une exigence méthodologique plus grande.